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La bougeotte, nous l’avons dans nos gènes !

  • Photo du rédacteur: Xavier Marest
    Xavier Marest
  • 22 mars
  • 7 min de lecture

Dernière mise à jour : 15 juil.


J’ai écrit ce texte il y a environ 6 mois, destiné simplement à ma famille proche. Loin de moi l’idée de commencer un blog de généalogie, voire même d’écrire plus. Depuis, les choses ont changé et je me prends de plus en plus au jeu de l’écriture. Voici donc ce texte originel, un peu raccourci car d’autres articles sur plusieurs de ses protagonistes sont déjà en préparation…

 

Nous connaissons tous l’histoire – du moins une partie de l’histoire – de notre Mamy Simone. Née au Tronquay, mariée au Tronquay avec Marcel MAREST, accouchée au Tronquay « d’un enfant né de l’amour » comme elle m’a dit en rougissant quand j’ai découvert qu’il n’y avait que 6 mois entre son mariage et la naissance de Papa, remariée avec René FOMBONNE et vécu en Indochine, en Allemagne, en Algérie, puis remariée avec François d’AVOUT et terminé sa vie dans les Yvelines.

Mais une partie de ses ancêtres avait aussi la bougeotte et certains m’ont donné bien du fil à retordre pour les retrouver.

 

Mamy était la fille de Gaston DURAND et Marie Augustine CATHERINE.

 

Gaston DURAND est né en 1888 à Paris au 110 rue de Clignancourt (pas bien loin de chez Julie et Aymeric). Ses parents Charles François DURAND (originaire de Saint-Aubin-sur-Mer dans le Calvados) et Victorine Nathalie Augustine Virginie JACQUELINE (originaire de Virey dans la Manche) se sont mariés dans le 9ème arrondissement de Paris en 1885.

Il est revenu dans la région de ses parents puisqu’il était domicilié à Caen (14) lors de sa mobilisation militaire en 1905. Son signalement à l’époque : cheveux et sourcils châtains, yeux gris, front ordinaire, nez fort, bouche moyenne, menton rond, visage ovale, taille 1 m 68.

 

Engagé volontaire pour quatre ans le 28 juin 1906 à la mairie de Caen, arrivé au corps le 28 juin, immatriculé sous le n°6683. Passé dans la réserve le 13 juillet 1910. Certificat de bonne conduite accordé. Rappelé à l’activité (décret du 1er août 1914). Croix de Guerre décernée le 11 mars 1916. Envoyé en congé illimité de démobilisation le 3 avril 1919. Se retire au Tronquay (14). Libéré le 29 février 1932 comme père de six enfants. Campagnes contre l’Allemagne du 3 août 1914 au 3 avril 1919.


Une chose particulière m’intrigue dans toutes ces informations : père de six enfants. Nous n’en connaissons que 5 : Mamy Simone (née en 1920), la tante Yvette (née en 1921), Gilberte la maman du cousin Yves (née en 1926), la tante « Nénette » (née en 1928) et l’oncle Robert (né en 1929). Peut-être comptaient-ils la tante Germaine (née Ledanois) comme l’un de ses enfants.

 

Il a eu ces 5 (ou 6 enfants) avec Marie Augustine CATHERINE qu’il a épousé au Tronquay le 6 septembre 1919.

 

Marie Augustine CATHERINE n’a pas eu de chance, elle a perdu son second mari Gaston DURAND à l’âge de 47 ans seulement. Pas de maladie, pas par la guerre mais à cause d’un chauffard qui l’a tué sur la route !

Mars 1936 - Un père de 6 enfants tué dans une collision. - Hier, vers 13 heures, M. Charles Jean, marchand de bestiaux au Breuil-en-Bessin, circulait en auto sur la R. N. n° 198, lorsqu'au carrefour de la mine, à Audrieu, il entra en collision avec un cycliste, M. Gaston Durand, âgé de 45 ans, peintre au Tronquay, qui fut renversé et tué sur le coup. Après constaterions faites par M. le Docteur Verney, de Littry, le cadavre fut transporté à son domicile. M. Jean est un mutilé de guerre réformé à 100 %, ayant une jambe en moins. M. Durand était marié et père de 5 enfants. (Source : Le Moniteur du Calvados)


Ça a dû leur faire une belle jambe que le « meurtrier » de leur mari et papa ait une jambe en moins !

Vous noterez que dans cet article de journal, il est indiqué une fois 5 et une fois 6 enfants.

 

Marie Augustine CATHERINE était veuve de Georges LEDANOIS, décédé dans la Somme pendant la Grande Guerre. Avant son décès ils ont eu ensemble deux enfants : la tante Germaine qui vivait à Avranches et un fils René né en 1914 et décédé à l’âge de 12 ans, dont nous n’avons jamais entendu parler dans la famille.

Née en 1894 au Tronquay, elle était la fille de Adolphe Désiré CATHERINE (originaire de Saint-Romphaire dans la Manche) et de Augustine Marie HARDELAY (originaire du Mesnil-Vigot dans la Manche) qui se sont mariés en 1891 à Saint-Lô.

 

Adolphe Désiré CATHERINE - Numéro matricule de recrutement : 760.760. Classe de mobilisation 1879. Cheveux et sourcils châtain foncé. Yeux roux. Front rond. Nez petit. Bouche moyenne. Menton rond. Visage ovale. Taille 1 m 63. Engagé volontaire pour cinq ans, à Angers, le 23 mars 1880. Libéré du service militaire le 23 mars 1905.

Localités successives habitées : 2 avril 1891 Agneaux (subdivision de St Lô) domicilié 7 février 1893 Le Tronquay (subdivision de Caen) domicilié 29 janvier 1895 Neuilly-sur-Seine (subdivision de Paris), 15 rue Péronnet résident 8 juin 1895 Paris, 169 boulevard Malesherbes résident 25 février 1902 Paris, 15 rue Jean Dumas résident 7 mars 1902 Paris, 27 avenue de la Grande Armée 8 novembre 1904 Paris, 1 rue de Berlin résident

 

Augustine Marie HARDELAY apparaît sous le nom de Augustine Catherine dans le recensement du Tronquay du 6 avril 1911 comme chef du foyer avec Marie Catherine sa fille, Fernande Lerouxel sa nièce et Emile Faveraux, pensionnaire né à Guise dans l’Aisne. Qui était ce pensionnaire, que faisait-il chez notre arrière-arrière-grand-mère, comment est-il arrivé là ? Aucune idée ! Né le 20.12.1900 enfant naturel non reconnu, reconnu le 26.4.1911 à Paris par Célestin Bourdon, marié à Guise le 15.6.1925 puis divorcé le 26.7.1949 de Suzanne Virginie Lenne et remarié le 15.9.1950 à Diez en Allemagne avec Hildegard Heimig.

 

A cette date, Adolphe CATHERINE n’apparaît pas dans le recensement (où était-il ?), mais il apparaît comme chef du foyer dans celui du 31 mars 1921, ainsi que notre arrière-grand-père Gaston et Mamy Simone.

 

Augustine Marie HARDELAY était la fille de Bénoni Francois HARDELAY et de Célestine Victorine ASSELIN. Là, les choses se compliquent, ce couple et leurs parents m’ont donné du fil à retordre pendant de longues années. Mais chaque chose en son temps…

 

Bénoni, quel drôle de prénom ! D’ailleurs, même à l’époque ils avaient l’air d’avoir du mal avec ce prénom car, selon les documents trouvés, il était nommé Béloni, François Bénoni dit Hardelay ou Béloni François dit Hardelay. Sur son acte de mariage il a bien signé Bénoni Hardelay.


Notre Bénoni a eu une vie bien mouvementée !


Né en 1836 à Remilly-sur-Lozon (Manche) de père inconnu et de Françoise Henriette HARDELAY, qui d’ailleurs ne s’est jamais mariée jusqu’à son décès, dans la maison de Jean Bérard, charpentier à Remilly. Qui était ce Jean Bérard ? Était-ce peut-être son père biologique ? Plutôt improbable car il avait 68 ans à sa naissance, mais rien n’est impossible. Nous ne le saurons jamais.

Né donc à Remilly-sur-Lozon dans la Manche, il a épousé en 1867 au Mesnil-Vigot (Manche) Célestine Victorine ASSELIN, née à Bayeux (Calvados).

 

Le 14 juin 1898, alors qu’il ne demeurait plus ni à Remilly ni au Mesnil-Vigot mais au Mesnil-Eury (Manche), il a été condamné avec son fils Léon à trois ans de prison et finalement incarcéré à la maison centrale de Fontevraud, non loin d’Angers (Maine-et-Loire).


Depuis que j’ai commencé la généalogie il y a un peu plus de 30 ans, je suis à la recherche de son décès. Enfin il y a peu, grâce à un groupe d’entraide sur Facebook, l’énigme vient d’être résolue ! Pas trouvé ni au Mesnil-Vigot ni au Mesnil-Eury et finalement après 30 ans de recherches, trouvé…au Tronquay ! Ce qui paraît totalement logique, puisque sa fille y vivait et qu'il devait y être en visite lorsqu’il est décédé. Parfois on ne pense pas aux choses les plus simples !

Sur son acte de décès il est appelé Béloni Francois et dit veuf de Arthémise Victorine Delauney. Sacré mélange entre le premier prénom de sa belle-sœur (Arthémise Amandine ASSELIN), le deuxième prénom de son épouse (Célestine Victorine ASSELIN) et le nom de sa belle-mère (Marie-Thérèse DELAUNEY) ! Mais c'est bien lui car sa date de naissance, son lieu de domicile et le nom de sa mère correspondent parfaitement. Je lui ai consacré un article ici.

 

Maintenant, son épouse Célestine Victorine ASSELIN. Née en 1837 à Bayeux, mariée au Mesnil-Vigot et décédée au Mesnil-Eury, rien d’autre de bien exceptionnel. Mais ses parents…

Fille de Pierre Etienne ASSELIN (né en 1809 à Tilly-sur-Seulles dans le Calvados) et de Marie Thérèse DELAUNEY (née en 1812 à Saint-Martin-d’Aubigny dans la Manche), elle fut vraisemblablement leur premier enfant et  a eu au moins 4 sœurs : la déjà nommée Arthémise Amandine née en 1839 à Cussy dans le Calvados, Marie Louise née en 1841 à Saint-Sébastien-de-Raids dans la Manche, Eugénie Clémentine née en 1842 à Périers dans la Manche et Marie née en 1843 d’après son acte de mariage soit à Périers soit à Grenelle (aujourd’hui 15ème arrondissement de Paris) – apparemment elle ne le savait pas elle-même et je n’ai pas trouvé sa naissance ni à Périers ni à Paris. Un peu plus bas, vous allez comprendre pourquoi elle aurait pu naître soit à Périers soit à Grenelle…

 

Donc vous voyez, un vrai casse-tête, ils n’ont pas arrêté de bouger. La bougeotte je vous dis ! D’ailleurs, vous noterez que je bloque toujours sur leur mariage, trouvé dans aucune des communes citées. Mais je ne désespère pas de trouver ce mariage un jour. A moins qu’ils aient eu l’idée de se marier à Saint-Lô, dans ce cas je ne le trouverai jamais, les archives ayant été complètement détruites en 1944.

 


Pour continuer et terminer cette épopée familiale, si Pierre Etienne ASSELIN est décédé à Périers en 1844 seulement un an après la naissance de leur dernière fille (vous vous souvenez, celle qui à son mariage ne connaissait pas son lieu de naissance), Marie Thérèse DELAUNEY quant à elle résidait en 1847 rue Letellier 21 à Grenelle, lorsqu’elle a été hospitalisée à l’Hôpital Necker où elle y est décédée le 17 février 1848 à l’âge de seulement 35 ans de…rhumatismes articulaires !


 

 La bougeotte, nous l’avons dans nos gènes !


Un petit récapitulatif :


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