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Cinq filles, cinq communes… où est passé leur mariage ?

  • Photo du rédacteur: Xavier Marest
    Xavier Marest
  • 11 juin
  • 4 min de lecture

Certaines énigmes généalogiques naissent d’un acte manquant. D’autres d’une identité incertaine. Celle-ci est un peu différente.

Mes ancêtres Pierre Étienne ASSELIN et Marie Thérèse DELAUNEY ont bien existé. Je connais leurs naissances, leurs professions, leurs décès et même leurs enfants. Pourtant, malgré des années de recherches, je n’ai toujours pas retrouvé leur mariage.

Plus étonnant encore, leur parcours ressemble à une véritable course à travers la Normandie. À chaque étape, ils laissent une trace dans les archives. À chaque étape, l’énigme s’épaissit.

 

Alors, où est passé leur mariage ?

 

Un Normand du Bessin et une Manchoise

 

Pierre Étienne ASSELIN naît le 27 février 1809 à Tilly-sur-Seulles, dans le Calvados. Marie Thérèse DELAUNEY voit quant à elle le jour le 9 avril 1812 à Saint-Martin-d’Aubigny, dans la Manche.

Tout laisse penser qu’ils se marient avant octobre 1837, puisqu’à cette date naît leur première fille connue, Célestine Victorine. Pourtant, malgré des recherches dans les communes les plus évidentes, aucun acte de mariage n’a pu être retrouvé.

Ni à Tilly-sur-Seulles, ni à Saint-Martin-d’Aubigny, ni dans les autres communes où le couple apparaît ensuite.

 

Une famille qui ne semble jamais s’arrêter

 

C’est là que l’histoire devient particulièrement intrigante.

Le 17 octobre 1837, leur fille Célestine Victorine naît à Bayeux. Mais je ne trouve pas le couple dans le recensement de 1836.


Deux ans plus tard, le 15 décembre 1839, une seconde fille, Arthémise Amandine, voit le jour à Cussy, toujours dans le Calvados.


Le couple traverse ensuite la frontière départementale. Le 28 octobre 1841 naît Marie Louise aux Plains, sur la commune de Saint-Sébastien-de-Raids, dans la Manche.


Un an plus tard, le 24 novembre 1842, c’est à Périers dans la Manche que naît Eugénie Clémentine.


Enfin, une cinquième fille, Marie, naît en 1843. Ici, les choses se corsent. Son acte de mariage à Abscon dans le département du Nord indique tantôt Périers, tantôt Grenelle comme lieu de naissance, sans que je sois parvenu à confirmer l’une ou l’autre information, et un père « non-désigné ».

 

En quelques années seulement, cette famille modeste passe donc de Bayeux à Cussy, puis à Saint-Sébastien-de-Raids, avant de s’installer à Périers.

Pour des journaliers, jardiniers ou petits commerçants des années 1830-1840, cette mobilité n’est pas impossible, mais elle reste suffisamment remarquable pour attirer l’attention.

 

Le drame

 

L’histoire prend ensuite une tournure beaucoup plus sombre.

Le 9 décembre 1844, Pierre Étienne ASSELIN décède à Périers à l’âge de seulement trente-cinq ans. Sa dernière profession connue est celle de cabaretier. Il laisse derrière lui une veuve et cinq jeunes filles dont l’aînée n’a que sept ans.

 

Quatre ans plus tard survient un second drame.

Le 12 décembre 1847, Marie Thérèse DELAUNEY est admise à l’hôpital Necker, à Paris. Les registres hospitaliers indiquent qu’elle souffre de rhumatismes articulaires. Elle réside alors au 21 rue Letellier, à Grenelle.

Après plus de deux mois d’hospitalisation, elle décède le 17 février 1848 à l’âge de trente-cinq ans. Ses cinq filles sont désormais orphelines.

 

Que sont devenues les enfants ?

 

C’est une autre question à laquelle les archives répondent imparfaitement.

Lorsque l’aînée, mon aïeule Célestine Victorine ASSELIN, se marie plusieurs décennies plus tard au Mesnil-Vigot dans la Manche, l’acte indique que le domicile de sa mère est inconnu.

Cette mention m’a toujours frappé. Elle semble montrer que Célestine ignorait non seulement où sa mère avait vécu ses dernières années, mais probablement aussi qu’elle était décédée.

 

Comment ces cinq jeunes filles ont-elles été réparties après la mort de leur mère ? Ont-elles été recueillies par de la famille ? Par des voisins ? Par l’assistance publique ?

Je ne dispose aujourd’hui d’aucune réponse certaine.

Une hypothèse me paraît néanmoins plausible : Célestine Victorine a peut-être grandi à Saint-Aubin-du-Perron auprès de son oncle maternel Louis Victor DELAUNEY, qui sera plus tard témoin à son mariage. Hypothèse que je ne peux confirmer, la plupart des recensements de la Manche ayant disparu lors des bombardements de la seconde guerre mondiale.

 

Et ce mariage introuvable ?

 

C’est finalement le cœur de l’énigme.

Je sais où Pierre Étienne ASSELIN est né. Je sais où Marie Thérèse DELAUNEY est née. Je connais leurs enfants. Je connais leurs différents lieux de résidence. Je connais leurs décès.

Mais je n’ai toujours pas retrouvé leur mariage.

J’ai vérifié les registres des communes les plus logiques : Tilly-sur-Seulles, Saint-Martin-d’Aubigny, Bayeux, Saint-Sébastien-de-Raids et Périers. Sans succès.

Bien sûr, plusieurs hypothèses demeurent possibles :

·         Le mariage a peut-être été célébré dans une commune intermédiaire où aucun des deux époux n’était né.

·         Il a peut-être eu lieu à Saint-Lô, dont une grande partie des archives a disparu dans les bombardements de 1944.

·         Il pourrait même avoir été célébré ailleurs encore, au gré des déplacements de cette famille décidément insaisissable.

 

Bouteille à la mer

 

Comme pour d’autres énigmes familiales, je lance donc une bouteille à la mer.

Si l’un de mes lecteurs a déjà rencontré ce couple dans ses recherches, connaît une piste que je n’aurais pas explorée ou a simplement une idée permettant d’orienter l’enquête, je serais ravi d’en discuter.

Après tout, l’histoire récente de ce blog m’a rappelé qu’un mystère généalogique peut parfois être résolu grâce au regard neuf d’un autre chercheur.

Alors, si vous avez une piste : où est passé le mariage de Pierre Étienne ASSELIN et Marie Thérèse DELAUNEY ?

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